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Afrique/Cameroun : Encore Biya, bêtise continuelle !

Afrique/Cameroun :

Encore Biya, bêtise continuelle !

Angelo DOSSOUMOU

Plus de 71% des suffrages. A 85 ans et après 35 ans au pouvoir, encore un nouveau mandat de 7 ans. Au Cameroun, Paul Biya est sans surprise déclaré largement vainqueur de la présidentielle du 9 Octobre dernier. Et désormais, vraisemblablement, comme Omar Bongo et Gnassingbé Eyadema, seule la mort pourra mettre fin à son long règne. Et même si l’opposition, minée par ses contradictions, conteste, il est certain que cette victoire annoncée par Elecam, la Commission électorale, mais controversée, sera entérinée par la Cour suprême. Malheureusement, devant Biya, la division de ses huit rivaux lui a ouvert un boulevard.  Après coup, ils auront beau dénoncer les tripatouillages, les irrégularités au cours du vote et même revendiquer, de façon unilatérale, la victoire, ils doivent comprendre qu’on ne terrasse pas un baobab sans avoir longuement aiguisé sa hache. Sinon, à quel résultat s’attendaient-ils devant une machine bien huilée du Rdpc, parti au pouvoir, nanti de gros moyens ? A l’assaut, dans la division et sans des ressources colossales, du patriarche Biya, ils ne pouvaient que mordre la poussière. D’ailleurs, tous devaient savoir qu’ils allaient à un scrutin à un tour et que la seule possibilité de pouvoir bousculer l’inamovible président, résident de Genève, c’est d’unir leurs forces et de se présenter en une alternative crédible. Hélas, ce ne fut pas le cas et malgré ses vieux os, les Camerounais n’ont pas trouvé mieux que le profil d’un Grand-père, plus proche de la tombe que celui d’un dirigeant vigoureux et doté de toutes ses facultés mentales pour les diriger. Maintenant, fataliste, l’autre dira que les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent. Alors, si Biya est effectivement le choix des Camerounais, ils doivent s’attendre à avoir un développement à la mesure de l’aptitude de leur président à apporter des solutions à leurs problèmes. Seulement, j’ai bien peur qu’au Cameroun, on puisse faire du neuf avec du vieux. Si après 35 ans, avec le même chef d’Etat, la même méthode, l’émergence de l’ancienne colonie allemande n’a pas trouvé sa vitesse de croisière, je serai surpris que ce nouveau bail au pouvoir soit celui des surprises agréables. Bien au contraire. D’ailleurs, un adage populaire dit que le temps ne change pas les gens, il dévoile ce qu’ils sont et seront toujours. Et donc, à la tête du Cameroun, attendons-nous à 7 nouvelles années du ‘‘Rdpcisme’’ et du déjà-vu. Plus grave, dans une Afrique en marche, des exemples à la Paul Biya, il y en a, à tel point qu’il faut se demander si la jeunesse, largement majoritaire sur les listes électorales, sait ce qu’elle veut. Car, même si, à chaque fois, on parle de fraude, cet argument ne suffit pas pour toujours faire avaler aux peuples des incongruités.  En définitive, je crois bien que c’est le constituant béninois qui a raison de limiter les mandats et de plafonner l’âge pour briguer la magistrature suprême. Sinon, je me demande, à 85 ans, ce que Paul Biya peut encore apporter à son peuple. A mon avis,  rien que de la somnolence et de l’apathie. Mais voilà, le ridicule ne tue pas, et tant qu’il y aura des sages qui ne le sont que par les cheveux grisonnants, il y aura toujours des présidents qui ne sauront jamais partir et transmettre le pouvoir.  Et ce n’est pas à moi de constater que Biya est de ceux-là.  J’en laisse le soin aux Camerounais éclairés et révoltés !

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