Actualités

Bénin / Chronique :Aller-retour pour Ministres !

Bénin / Chronique :

Aller-retour pour Ministres !

Angelo Dossoumou

Sous la Rupture, pas de temps à perdre. Peut-être les collaborateurs du chef de l’Etat n’avaient pas le choix. Mais, le constat est là. Des six ministres élus et installés, il n’en restera plus rien au parlement. Tous, sans exception, sont de retour au gouvernement et d’attaque pour l’œuvre de reconstruction nationale. Pourtant, ils disposaient d’une trentaine de jours pour se décider et même, comme c’était souvent le cas, d’un remaniement ministériel qui arrivait bien avant pour être fixés. Seulement, autres temps, autres mœurs et à chaque président, sa manière de fonctionner et ses certitudes.
A l’analyse, avec Talon, la nomination des ministres est une affaire de confiance et non de partage de gâteau à des obligés. Raison, sans doute, d’un retour précipité et intégral au sein de l’Exécutif des six élus du peuple dont certains, a priori, auraient voulu prolonger leur séjour au Palais des gouverneurs. Du moins, j’imagine que tous les 6 ministres en question ne pensent pas comme Talon. S’il est vrai, d’après les plus avertis, qu’une fonction de ministre est plus prestigieuse et plus avantageuse que celle de député, le contexte sociopolitique aurait pu convaincre les hésitants à laisser voir venir. Car, député à l’Assemblée nationale, c’est quatre ans à l’abri de toute surprise désagréable et, quoi qu’on dise, avec moins de risque et de pression à la tâche. D’ailleurs, du jour au lendemain, même si ce n’est pas des habitudes du chef de l’Etat, certains ministres ont été sautés. Alors, ministres-députés de retour au gouvernement, il y a à se demander pour quelle assurance de longévité.
Sinon, tout calcul fait, le bail jusqu’à la fin du mandat du chef de l’Exécutif est approximativement de deux ans. Cependant, d’ici quelques jours, quelques mois voire l’année prochaine, rien ne dit qu’entre-temps, les données n’auraient pas changé. Pour être plus précis, il est fort possible qu’il y ait d’éventuelles victimes d’une ouverture du régime vers les frustrés du dernier processus électoral qui peut intervenir à tout moment. Finalement, seul Talon a son agenda et d’une durée maximale à ses côtés ou pas, lui et les circonstances en décideront.
Tout ceci suppose, qu’en cours de chemin, les ministres, furent-ils démissionnaires du parlement, ont l’obligation d’être irréprochables. Autrement, ils auront laissé la proie pour l’ombre et, ce serait tant pis pour eux. De surcroît, en politique et même sur le terrain de la confiance, surtout au Bénin, tout va vite et la vérité d’aujourd’hui peut-être le mensonge de demain. D’où, aux mains du capitaine à bord du navire Bénin, sont les sorts des ministres qui avaient la possibilité de siéger à l’Assemblée nationale. Mais, comme le dit l’adage : ‘‘malheur à qui n’a pas le dernier mot’’.
Toutefois, au-delà de tout, il est facile de déduire, au vu du schéma aller-retour gouvernement-parlement qu’il nous a été donné de voir, qu’avec Talon, les ministres ne sont pas des fusibles qui sautent à tout moment. Sur ce point, au contentement des partisans qui passe par des remaniements cycliques, le chantre du Nouveau départ préfère la stabilité au poste. La preuve en trois ans, les visages des ministres n’ont pas trop changé. Et s’il en est ainsi, les six élus peuvent se permettre de prendre le risque d’un retour à la case départ. D’ailleurs, la vie est faite de choix et il est parfois étroitement lié aux attitudes des interlocuteurs. Et donc, attendons que l’avenir nous dise si les ministres concernés étaient dans le vrai.

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top