Bénin / Chronique : Ananas, l’opportunité rêvée !

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Bénin / Chronique :

Ananas, l’opportunité rêvée !

Angelo Dossoumou

‘‘Quand une porte se ferme, une autre s’ouvre’’. C’est ce que dit l’adage et généralement, cette dernière offre de meilleures perspectives. Imaginons donc qu’après la fermeture des frontières nigérianes et particulièrement le sort réservé par Abuja à notre ananas, des représentants de l’empire du milieu se pointent et annoncent qu’ils sont non seulement fortement intéressés par l’exportation du pain de sucre local vers leur pays mais aussi que des douaniers chinois séjournent actuellement au Bénin pour concrétiser cette ambition. Pour être plus complet, de la tristesse qui les frappe avec un surplus d’ananas sous les bras, les producteurs de cette filière ne peuvent que se frotter les mains.
Car, au moment où le géant de l’Est refusait à leur produit l’accès à son pays, Dieu, dans sa miséricorde, vient de leur sécher les larmes par une ouverture gargantuesque. Contre les 200 millions de potentiels consommateurs de l’ananas béninois au Nigeria, il y a en face, un milliard de bouches à conquérir. Comparaison n’est pas raison certes, mais je parie que les producteurs de la filière du pain de sucre au Bénin ne bouderont pas leur plaisir de mettre dans leur poche, ce précieux et grand marché chinois. On parle quand même de la Chine et là, il faut sérieusement craindre, si le projet démarre et prend de l’ampleur que la demande ne dépasse l’offre. Seulement avant, la qualité, et sur toute la ligne, le respect des normes internationalement recommandées décideront du visage que présentera l’opportunité du siècle pour l’ananas béninois.
Cependant, d’ores et déjà et à l’étape actuelle, je n’ai aucun doute sur la séduction des Chinois par l’ananas béninois. D’ailleurs, ce n’est pas par hasard qu’en amont, toutes les dispositions ont été prises pour percer les marchés étrangers notamment européens. Maintenant que la grande Chine se présente et qu’il est fort à parier que des efforts colossaux seront à déployer pour la satisfaire, il est évident que facilement des brebis galeuses peuvent se glisser dans la chaîne et discréditer un label prisé. Alors, pour un ananas qui traversera les frontières chinoises et qui redonnera totalement le sourire aux producteurs, aucune légèreté ne sera tolérée.
En plus clair, la vigilance doit être de taille. Du coup, des champs au chargement pour l’exportation, il y a urgence à définir des cahiers de charges aux responsables à tous les niveaux. Et là, à la réputation du riz thaïlandais qui effraie du côté du géant de l’Est, le pain de sucre béninois au pays de Hu Jintao n’échappera pas. D’ailleurs que veut le peuple ? Sinon qu’avoir des filières porteuses et des débouchés sûrs pour sortir de la misère. Cette chance, la Chine l’offre aux millions de bras valides béninois et c’est à eux de la saisir.
Sur ce point, avec la fermeture des frontières nigérianes dont la réouverture fait carrément l’objet de chantage, au lieu de verser dans des lamentations stériles, il vaut mieux explorer d’autres pistes pour tenir le coup voire triompher du dictat du Nigeria. A ce propos, j’espère que l’occasion est belle pour aller à l’école du Général Mathieu Kérékou qui jadis, invitait les Zémidjan à la terre. Si à eux, s’ajoutent les vendeurs du Kpayo, l’ananas local à la conquête du marché chinois serait la bouffée d’oxygène qu’il leur fallait. A vrai dire, au-delà de l’ananas, la main d’œuvre existe pour bien positionner nos produits à l’international. Cependant, les gouvernants gagneraient à les convaincre du choix à faire. Devant une opportunité du genre, le gâchis n’a fait que durer. Vivement donc que la page de l’ananas en Chine s’ouvre grandement et que le rêve ne s’arrête point.

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