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Bénin / Chronique : Assemblée validée !

Bénin / Chronique :

Assemblée validée !

Angelo Dossoumou

Contentieux électoral, 22 dossiers vidés par la Cour constitutionnelle et les députés de la 8ème législature définitivement élus. La seule nouveauté après les nombreux recours et la décision EL 19-030 du 23 Mai 2019, c’est Benoît Dègla du Bloc Républicain qui obtient gain de cause et évince Marcellin Aka Worou de l’Union progressiste du parlement. Désormais donc, la donne à l’hémicycle est de 46 élus pour les socio-démocrates et 37 pour les libéraux. D’où, un léger changement sans grande conséquence sur le rapport de force entre les deux partis en présence au Palais des gouverneurs à Porto-Novo. Maintenant que tous les passagers qualifiés et autorisés sont embarqués, le navire de la 8ème législature peut lever l’encre et mettre tout en œuvre pour arriver à bon port en 2023.
D’ailleurs, avec tout le vacarme et les dégâts d’avant son avènement, il en faudra plus que le discours d’ouverture du chef de l’Etat et la bénédiction des sept sages pour convaincre les détracteurs que les dés sont jetés. Mais, en principe, ils doivent s’y résoudre. Car, un Etat de droit, ce sont des normes juridiques. En d’autres termes, rien ne peut être obtenu ni par les gouvernants encore moins par les gouvernés en dehors des règles préalablement établies. En ce qui concerne nos dernières élections, il s’agit, jusqu’à nouvel ordre, de l’ensemble, du Code électoral, de la Charte des partis politiques et bien évidemment de la Constitution du 11 décembre 1990. En dehors de ces lois et des moyens qu’elles offrent, toute action contraire ne peut qu’être frappée du sceaux de l’anarchie.
Maintenant qu’ils sont confortés par la décision El 19-030 du 23 mai 2019, j’emprunterai cette courante expression anglaise pour dire ‘‘Game is over’’. A continuer par regarder dans le rétroviseur, les contestataires, s’ils n’y prennent garde, se verront, une fois de plus, pris au piège de la surenchère et d’un bras de fer qui est loin d’être en leur faveur. A propos, très bientôt, il s’agira d’enlever aux lois électorales querellées, les épines qui ont eu raison de la participation de l’opposition aux législatives du 28 avril passé. Mais, en se référant à la dernière main tendue du chef de l’Etat et à la posture de l’aile dure de ladite opposition, le risque est grand qu’on assiste d’un côté, à la politique de la chaise vide.
A vrai dire, ce n’est jamais facile de digérer qu’au jeu de la politique, on s’est fait facilement avoir. Seulement, à continuer par ruminer une colère légitime et à s’accrocher à une diplomatie de sabotage pendant que le navire est déjà en haute mer, je doute fort que cela suffise pour remettre en cause l’ordre constitutionnel. Alors, nous qui sommes convaincus qu’une opposition dans les instances de décision donne une saveur particulière au débat autour du développement du pays, nous serons ravis qu’elle se réveille de sa torpeur et qu’elle s’efforce à prendre le train en marche.
Sinon, et on ne le dira jamais assez, l’Assemblée nationale, 8ème législature est validée. De même, comme en démocratie, tout est encadré par des lois, les moyens de sa contestation sur le plan légal sont quasiment inexistants. Par conséquent, il y en a qui en ont déjà tiré les leçons. La preuve, très bientôt, Me Adrien Houngbédji passera service à Louis Vlavonou qui ensuite sera investi. Et, paradoxe du siècle au Bénin, ce sont les communistes qui s’opposent au jusqu’au-boutisme de certains de leurs alliés de l’opposition. En définitive, faire preuve de lucidité politique, c’est composer avec cette réalité inédite au Palais des gouverneurs et la surmonter avec les armes légales. Autrement, c’est choisir de nager dans les eaux troubles et, à mon avis, s’il en est ainsi, personne n’en sortira indemne. Même pas la démocratie…

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