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Bénin / Chronique : Bruits d’usines !

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Bénin / Chronique :

Bruits d’usines !

Angelo Dossoumou

Des usines, une industrialisation plus avancée. Elles sont capitales pour prétendre au développement. Et dès que l’une d’elles, quel que soit le secteur, s’annonce, il y a automatiquement un empressement pour son effectivité. A raison donc, du retour de la Ticad, l’information qui a le plus caressé nos oreilles est relative à la très prochaine implantation au Bénin, d’une usine de transformation de l’or blanc. Du moins, à Yokohama, le ministre des finances Romuald Wadagni a procédé à la signature d’un mémorandum d’entente avec une société japonaise dans ce sens. Au bruit de cette usine, fut-elle lointaine, la production cotonnière locale en sourit. Certes, dans ce secteur, il y avait eu dans un passé récent, la Sobetex puis la Société Coteb. Mais, le vide laissé aujourd’hui par leur mauvaise exploitation est immense.
Alors, à défaut d’une autre Société textile portée par des privés béninois ou l’Etat pour davantage tirer profit de notre premier produit de rente, l’arrivée des investisseurs japonais est tout aussi une bonne nouvelle pour l’économie nationale et la promotion de l’emploi. Toutefois, entre le projet et la réalité, il y a encore plein d’étapes à franchir. Mais, le plus long voyage commence toujours par le premier pas. A Yokohama, il a été posé et, sans doute, pour le bonheur des populations et l’atteinte des objectifs de développement, le reste du parcours se passera sans encombre.
Maintenant, au-delà de la possibilité de transformer très prochainement notre coton sur place, l’actualité de ces derniers jours avec le surplus d’ananas qui ne trouve pas preneur avec la fermeture des frontières nigérianes, plaide pour le renforcement de la politique industrielle. Actuellement, les populations profitent bien de la saison de la tomate. Mais, d’ici quelques mois, elle coûtera à la pauvre ménagère, les yeux de la tête. D’où, au chef de l’Etat et à son gouvernement qui amorce la dernière ligne droite de son premier mandat, le défi de relever le niveau d’industrialisation du Bénin. Car, jusqu’ici, les choix hasardeux et la mauvaise gestion n’ont pas permis à nos matières premières, les plus importantes, de s’affranchir de l’exportation sauvage et même des pertes parfois énormes pour les producteurs et l’économie nationale.
Pour ma part, il est impérieux que nos gouvernants se penchent plus sérieusement sur les voies et moyens pour donner un coup d’accélérateur à nos filières porteurs. Sinon, produire en abondance, c’est bon, exporter, ce n’est pas mal mais transformer sur place, ne serait-ce qu’une infirme partie, c’est largement mieux. Dans ces conditions, le Bénin n’a pas d’autre choix que de créer un terrain plus favorable aux investissements dans le secteur industriel notamment pour la transformation de nos produits agricoles clés.
En définitive, en attendant l’arrivée des Japonais pour donner une nouvelle dimension au coton béninois, le plus grand souhait qu’on puisse faire pour le décollage économique de notre pays, c’est tout simplement que les bruits d’usines se multiplient et touchent au plus vite l’ananas, la tomate, la mangue et que sais-je encore ? Ainsi, des regrets pour des pertes des produits agricoles et des profits au minima pour le trésor public, il n’y en aura plus. C’est peut-être facile à dire qu’à faire. Mais, c’est le rêve à poursuivre pour un gouvernement que tout le monde espère qu’il sera d’attaque pour un Bénin révélé.

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