Sign in / Join

Bénin / Chronique : De l’oxygène pour la Sonacop !

26
0
Share:

Bénin / Chronique :

De l’oxygène pour la Sonacop !

Angelo Dossoumou

Situation critique, près du licenciement collectif, ils étaient. Après de longues années d’indifférence sur leur sort, les employés de la Société nationale de commercialisation des produits pétroliers (Sonacop) ont fini par remettre leur destin entre les mains de Dieu. Partagés entre crainte et désespoir, et dans un contexte économique délicat, ils n’ont rien vu venir qui pouvait leur redonner le sourire. Mais depuis hier, de leur petite fenêtre, ils ont aperçu une lueur d’espoir et se sont mis à rêver de lendemains meilleurs. En effet, le dernier Conseil des ministres a décidé d’aller au secours d’une société stratégique et qui ne mérite pas le sort qui lui est réservé. Déjà, au regard du diagnostic posé à la Sonacop, il est question de la nomination d’un administrateur provisoire et de la mise sur pied d’un Comité de coordination et de suivi de sa restructuration.
Evidemment, entre laisser la société mourir de sa belle mort et tenter de la réanimer, le choix des employés en difficultés et des consommateurs souvent sevrés de produits pétroliers est vite fait. Pour l’instant, la grosse attente de tous ceux-là qui ne sont pas fiers de voir la Sonacop végéter dans cet état, c’est le profil de cet administrateur provisoire qui sera appelé à opérer le miracle sur une société au bord du gouffre. Ensuite, ce sera la bonne application de sa réaliste feuille de route afin que la Sonacop reverdisse et se repositionne comme la première société distributrice de produits pétroliers. Tout ceci, au vu des goulots d’étranglement qui se dressent sur le chemin de la restructuration, n’est qu’un grand souhait mais, pour les employés qui espèrent que cette fois-ci sera la bonne, au futur administrateur provisoire de tenter l’impossible pour soulever des montagnes.
En fait, des travailleurs de la Sonacop et du constat du Conseil des ministres, il nous est revenu que les maux qui minent la société sont, entre autres, les fréquentes ruptures de stocks et la baisse drastique du chiffre d’affaires. A titre d’exemple, entre 2013 et 2017, les ressources financières sont passées de 42 à 17 milliards. En 2019, j’imagine que la Sonacop a déjà touché le fond. Alors, si tel est le cas, forcément, depuis des lustres, sa crédibilité est largement engagée. D’ailleurs, un tour dans les différents points de vente, au lieu des mouvements auxquels ces endroits donnent droit, c’est plutôt la vétusté des installations et un silence de cimetière qui généralement, accueillent les rares curieux qui s’y hasardent.
C’est dire qu’au-delà des mots et des tentatives de solutions, pour sauver la Sonacop qui se meurt, il faut d’abord élaguer les charges encombrantes avant d’y injecter de l’argent. Car, on ne le dira jamais assez, la bonne santé d’une société dépend toujours de l’équilibre entre l’actif et le passif. Ce qui suppose que quand on perd plus de la moitié de son chiffre d’affaires et que la saignée continue, on est obligé de faire des choix forts au risque de déposer en même temps la clé sous le paillasson. Sinon, à quoi bon s’époumoner pour une aventure ambiguë ? Quoiqu’il en soit, pour la renaissance de la Sonacop, laissons venir l’administrateur provisoire et sa feuille de route et d’avance souhaitons-lui bonne chance.
Toutefois, avant de véritablement apprécier l’option du Conseil des ministres à propos de la Sonacop, donnons-nous le temps de voir les premières mesures et de toucher du doigt les résultats concrets. Ce qui est sûr, vu que plus d’un se sont cassés les dents à vouloir relever le défi de redresser une société confrontée à une concurrence de toutes sortes, autant composer avec la prudence. Il n’empêche qu’il faut reconnaître qu’avant de gagner, il faut oser. Et donc, vivement que l’audace porte des fruits.

Share:

Leave a reply