Actualités

Bénin / Chronique :Députation limitée !

Bénin / Chronique :

Députation limitée !

Angelo Dossoumou

C’est la nouveauté constitutionnelle de l’année et elle nous vient tout droit du Togo. Votée le 8 mai dernier, elle limite le mandat des députés à 6 ans renouvelable deux fois. Dans un contexte de passage d’une législature à une autre au Bénin et de réformes pour capitaliser les énergies positives, cette résolution au pays de Faure ne nous laisse pas indifférents. Alors, partant de notre coup d’œil politique du côté du parlement de notre voisin de l’Ouest, laissons-nous tenter par un parallélisme avec le nôtre, ne serait-ce que sur le plan législatif. Tout de suite, et désormais ce serait le cas, il se dégage une opposition députés à mandat limité contre députés à mandat illimité.
Ainsi, puisqu’il ne fait l’ombre d’aucun doute que la réforme constitutionnelle sera promulguée par le président togolais, d’après l’article 54 nouveau, à compter de la prochaine législature, le séjour à l’Assemblée nationale n’excédera pas 18 ans. A mon avis, c’est déjà assez pour donner le meilleur de soi-même afin d’aider son pays à poser des pas positifs sur la voie de la modernité. Quant à la disposition en vigueur au Bénin relativement à ce point, il n’est plus besoin de faire un sondage ou une enquête pour comprendre que plus les mandats se multiplient, plus l’engouement des ‘‘doyens’’ à pleinement jouer leur partition à l’hémicycle faiblit. Pourtant, ils sont d’habitude toujours au rendez-vous. Car, impuissante faute de vécu et de moyens, la relève trébuche à chaque fois qu’elle s’active pour changer la donne. Maintenant, entre nous, c’est bien beau d’envier la trouvaille togolaise mais, cette porte largement ouverte aux ‘‘éternels députés’’ ne peut être définitivement refermée sans qu’on ne demande des comptes au fameux article 80 de la Constitution du 11 décembre 1990.
Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour. Toutefois, il n’empêche que la limitation du mandat des députés ne peut que donner un coup d’accélérateur au renouvellement de la classe politique. Evidemment, en tant que jeune, l’idée n’est pas pour me déplaire surtout que les prétentions au Palais des gouverneurs sont très nombreuses mais à l’issue des législatives, il n’y a généralement que peu de nouvelles têtes parmi les 83. Ce qui est sûr, si un jour, une disposition similaire à celle de l’article 54 nouveau de la Constitution du Togo venait à être adoptée au Bénin, l’engouement pour la chose politique serait tout autre et la qualité du débat s’en ressentirait.
A vrai dire, la sève de la démocratie, c’est l’alternance. Ailleurs, volontairement ou si vous voulez sans que les textes ne les y obligent, les hommes politiques passent la main. Malheureusement au Bénin, l’expérience a démontré que tant qu’il n’y a pas un verrou limitatif, beaucoup ne savent pas partir quand il le faut. Et donc, ce ne serait pas une honte de suivre à la longue, une logique qui peut s’avérer intéressante. Quoi qu’il en soit, entre députés au mandat limité et députés au mandat illimité, mon choix est vite fait. Avant tout, et c’est une vérité absolue, c’est la roue qui tourne qui ne rouille pas.
En ce qui me concerne, ce qui est valable pour les hommes l’est aussi pour les textes de loi. La preuve, en 1990, sur cette question de limitation du mandat des députés, il n’y aurait même pas eu un grand intérêt. Aujourd’hui, sauf erreur de ma part, ce n’est pas le cas. D’où, au vu de notre expérience démocratique, n’ayons aucune gêne de reconnaître qu’il y a des ajustements à opérer à certains niveaux. Enfin, une laideur qui ne se corrige pas tôt, s’empire et rien que pour cette limitation, je dis chapeau aux députés togolais et j’attends au carrefour ceux de la 8ème législature par ici.

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top