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Bénin/Chronique : En avant pour l’école !

Bénin/Chronique :

En avant pour l’école !

Angelo DOSSOUMOU

 

Le constat est amer. L’école béninoise est malade. Profondément alitée, soit à cause de l’inaptitude et de la désinvolture des encadreurs, ou faute d’un programme approprié ou encore à cause des interminables grèves. Après des années à marcher à reculons et à fabriquer des cancres, de tous leurs vœux, les bonnes consciences réclament les réformes pour lui redonner un second souffle. Au parfum de ce triste diagnostic, le Président Patrice Talon n’a pas d’autre choix que d’agir.

A l’instar de la clairvoyance qui l’a guidée dans la prise de la dernière mesure dans le secteur de la santé, il s’impose qu’il relève, contre vents et marées, le défi de permettre au quartier latin de l’Afrique de redorer son blason. Heureusement, que de cette école, classée à l’avant-dernière place dans un échantillon de dix pays francophones, le président Patrice Talon n’est pas fier. Tellement choqué, qu’il en a fait cas au cours d’un entretien qu’il a voulu solennel.

D’ailleurs, quand à défaut d’une relève de qualité, l’horizon s’obscurcit et menace l’émergence d’une Nation prospère et intègre, ce serait ne pas mesurer la portée d’une responsabilité à la tête de l’Etat que de rester les bras croisés. Alors, qu’il plaise ou pas aux syndicalistes et aux empêcheurs de tourner en rond, l’école doit être exorcisée de ses démons. Et pour cela, s’il y a lieu de se foutre des canards boiteux pour que l’objectif soit atteint, il faut foncer droit devant. Car, tant que c’est pour l’avènement d’un système éducatif qui redonne espoir au peuple, aucun sacrifice ne sera de trop.

Dans un contexte où des instituteurs qui, en principe, devraient réclamer des formations, ont jugé bon de boycotter leur évaluation, le Chef de l’Etat ne doit pas céder au découragement et au chantage. Bien au contraire, droit dans ses bottes, il doit rester pour accompagner la recherche de solutions à une école à la croisée des chemins. Alors, le tout ne suffit pas de déplorer l’état décadent de la formation de nos enfants mais, le plus important, c’est d’attaquer, au plus vite, le mal à la racine.

Déjà, le premier axe de réflexion concerne le niveau des instituteurs. Depuis pas mal d’années, personne n’est dupe au point de ne pas savoir que leur recrutement sur la base du Bepc est dépassé. A ce qu’il paraît, même ceux qui y sont avec le Bac ne donnent pas toujours satisfaction. D’où, l’impérieuse évaluation rejetée qui ne peut que revenir en force pour situer tous les acteurs. Le second axe de réflexion, c’est le programme scolaire. Depuis des lustres, on en parle mais jamais, personne ne se décide à corriger le tir. Peut-être qu’avec un Talon déterminé qui n’a pas peur du qu’en dira-t-on, les lignes bougeront. Pareil pour le syndicalisme et ses grèves qui n’arrêtent pas de perturber les années scolaires.

En somme, pour une école marquée du sceau de la Rupture, Talon n’a pas droit à l’erreur. Sur ce chantier, son peuple l’attend. Désormais, et si possible, avant la prochaine rentrée, il urge d’aller aux réformes pour une école de développement. Pour moi, elle ressemble à celle qui donne une bonne base et qui, pour la vie, formate positivement les cadres de demain. Ce qui est sûr, l’école de nos rêves a un prix. Et, c’est maintenant ou jamais de le payer.

 

 

 

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