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Bénin/Chronique : Faille de sécurité à Porto !

Bénin/Chronique :

Faille de sécurité à Porto !

Angelo Dossoumou

 

Un militaire béninois braqué et tué hier à l’aube à Tokpota du côté de Porto-Novo. Quelques semaines plus tôt, une femme, à la sortie d’une banque, attaquée et abattue. Un deuxième militaire a également, dans les mêmes conditions, trouvé la mort, il n’y a pas si longtemps dans la cité des Aïnonvi. Et cette liste de personnes récemment assassinées et dépossédées de leurs biens n’est pas exhaustive. Juste un aperçu de l’insécurité grandissante pour démontrer que désormais, Porto-Novo fait partie des capitales abandonnées aux malfrats.

D’ailleurs, si palpable et récurrente est la faille du dispositif sécuritaire qu’il y a lieu de se demander si en face du règne des gangs organisés, la Police républicaine est vraiment disposée à renverser, au plus vite, la tendance. De toute façon, la succession des actes criminels et de délinquance à Porto-Novo ne doit laisser personne indifférent. En premier lieu, la hiérarchie policière. A ce sujet, elle doit se poser les bonnes questions et travailler à davantage sécuriser et rassurer les Porto-Noviens. Sinon, jusque-là, l’impression qui se dégage nettement du côté de la ville aux trois noms, c’est celle d’une impuissance ou d’une incapacité de la Police Républicaine à déjouer les velléités sordides des braqueurs.

La preuve, ces dernières semaines, c’est bizarrement à des militaires que se sont attaqué les divorcés sociaux qui ont élu domicile dans la capitale. La dernière victime est un Sergent. S’il en est ainsi, cela peut même supposer que la pègre est tellement sûre de ses forces qu’elle en est arrivée à lancer un défi aux forces de l’ordre. Avec deux militaires maîtrisés et froidement abattus, elle ne pouvait mieux provoquer et piquer au vif toute une corporation. A présent, si aux malfrats, le Général Nazaire Hounnonkpè et ses hommes n’arrivent pas à donner la réplique et à définitivement démanteler un cartel qui n’a fait que trop de mal, alors là, confions tout simplement notre sécurité et celle de nos biens à la providence.

Du reste, avec l’interdiction des brigades civiles, si nos hommes en armes refusent d’être plus imaginatifs pour assurer leur mission, de quel moyen disposent les populations pour conjurer le mauvais sort qui s’abat sur eux ? Aucun. D’où, sur ses épaules, le Directeur général de la Police républicaine, Nazaire Hounnonkpè porte la responsabilité de ramener à Porto-Novo la sécurité qui, actuellement, lui manque cruellement. Et, avec la morosité économique et la proximité avec le géant de l’Est, il est certain que la solution à ce manquement sécuritaire ne peut que venir d’une Police très organisée et hyper motivée.

En définitive, après le drame d’hier à Tokpota, une réaction à la mesure de l’affront est attendue. Elle passe par des enquêtes approfondies, des arrestations et des condamnations. Autrement, sans des flics efficaces aux ordres du Général Hounnonkpè, une porte déjà refermée comme celle des Brigades civiles s’ouvrira à nouveau et avec elle, la vindicte populaire. Qu’on le veuille ou non, la nature a horreur du vide. Pour le moment, les gangsters de Porto-Novo en profitent abusivement. Alors, mon Général, ne nous dites surtout pas, pour une guerre totale contre nos tristement célèbres braqueurs-tueurs, que les moyens font défaut. Une seule réponse est attendue de vous : « Le cartel est démantelé et les Porto-Noviens peuvent souffler ». Pas plus ni moins.

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