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Bénin / Chronique : Hypothèse 2021 ou 2026 ?

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Bénin / Chronique :

Hypothèse 2021 ou 2026 ?

Angelo Dossoumou

Propositions, analyses et recommandations… A la recherche d’un point de départ pour l’alignement des mandats et pour des élections générales, le comité d’experts chargé de la formulation technique des recommandations du dialogue politique a fait un travail très appréciable. Sur la balance, toutes les éventualités ont été pesées. Ainsi, de leurs avis sur chaque possibilité pour atteindre l’objectif, les députés qui auront le dernier mot, ont désormais connaissance des limites et des avantages. Mais déjà, du rapport du comité d’experts, pour garantir la pérennité des élections générales, on sait qu’il y a un choix à faire entre aligner la durée des mandats sur celui du président de la République ou sur celui des députés. Ensuite, que dans la course pour le couplage des élections, entre 2020, 2021 ou 2026, une année devra forcément l’emporter.
C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’avant que nos députés tranchent et nous aident à mettre un terme au cycle des élections coûteuses, nos experts ont fait le tour des préalables. Pour aller droit au but, d’un iota, on ne bougera pas sans amender notre loi fondamentale. Après ça, le réalisme oblige à écarter, tout de suite, l’équation 2020. Car, cela reviendra à toucher au mandat du chef de l’Etat et Dieu seul sait que ce serait très compliqué à obtenir. Maintenant, les seules véritables pistes qui s’offrent aux acteurs politiques pour satisfaire à cette recommandation des délégués au dialogue politique, c’est 2021 ou 2026.
Personnellement, j’aurai bien voulu qu’au plus vite, on aille au couplage des élections au Bénin. Mais à l’analyse, en 2021, le mandat des élus de la 8ème législature serait en cours. Evidemment, le contexte de leur élection amène certains à penser que ce serait un moindre mal que de décréter un parlement transitoire et d’écourter le mandat des locataires du Palais des gouverneurs. Malheureusement, nous sommes sur un terrain politique et des cadeaux, on en fait rarement. Alors, tout porte à croire que ce sera à la gare de 2023 qu’il faut les attendre et puisque là aussi, un mandat présidentiel serait en cours, il serait difficile d’obtenir gain de cause.
Finalement, l’option raisonnable pour des élections générales, c’est 2026. Avant, des dispositions constitutionnelles peuvent être prises afin que les élus de la 9ème législature qui siégeront en 2023, sachent à quoi s’en tenir. C’est dire que de rétroactivité, on ne parlera pas et facilement, sur ce point, le consensus peut être obtenu. Au sujet de la durée des mandats, la tendance penche pour 5 ans et si pour celui du chef de l’Etat est renouvelable une seule fois, j’aurais bien voulu avoir des recommandations du comité d’experts sur celui des députés et des conseillers communaux et locaux. Quoi qu’il en soit, l’alternance et le renouvellement périodique et certain du personnel politique sont des préoccupations qui ne doivent pas être occultées. Autrement, on saura qu’avec les acteurs politiques, il y a toujours de légitimes attentes des populations qui sont sciemment ignorées et là, ce serait dommage.
En définitive, des propositions et avis du comité d’experts pour des élections générales au Bénin, il est clair que lentement mais sûrement, on tend vers des mandats politiques électifs uniformes et, juste une année, pour en terminer avec toutes les élections. Ces innovations, très profitables au contribuable, ont toujours arpenté les couloirs de l’Assemblée nationale mais ont, jusqu’ici, échoué contre le mur de la suspicion. Maintenant, espérons tout simplement que nos experts n’aient pas abattu tout ce travail pour en arriver à des élections générales en vain. Sinon d’un immobilisme constitutionnel qui ne dit pas son nom, ça m’étonnerait qu’on en profite encore et toujours.

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