Actualités Bénin

Bénin / Chronique : La culture des audits !

Bénin / Chronique :

La culture des audits !

Angelo Dossoumou

Des factures qui seraient restées impayées, des interrogations laissées en suspens et depuis quelques jours, c’est la gestion de la 7ème législature qui soulève la poussière. Sans vouloir porter un jugement de valeur sur les manquements relevés par des députés de la législature en cours, il est d’une évidence que quand une équipe passe le témoin, quel qu’en soit le domaine, elle laisse toujours derrière elle des soupçons de malversation. Peu importe donc votre intégrité, vous ne serez jamais épargné des remarques et des accusations. D’où, le bon réflexe de toute personne qui a, pendant un laps de temps, bénéficié d’une parcelle de pouvoir est de systématiquement exiger, avant ou juste après avoir passé le témoin, que sa gestion soit passée au peigne fin. Mieux, tout responsable gagnerait à se faire régulièrement auditer. Ceci, pour corriger les dysfonctionnements et maximaliser sa gestion.
D’ailleurs, la raison fondamentale de ce contrôle généralement à polémique est d’aider la structure concernée à atteindre ses objectifs en évaluant son processus de management des risques, de contrôle et de gouvernance. Alors, dans la logique d’une gestion efficiente, il est tout à fait normal que tout responsable y soit d’avance préparé. Malheureusement, au Bénin, c’est loin d’être le cas. La hantise des audits a pris le dessus sur tout et dès qu’il en est question, dame rumeur, avant même que des auditeurs n’aient commencé leur enquête, vous cloue déjà au pilori ou prend carrément position contre l’initiative. D’habitude, la parade trouvée pour dévaluer l’importance de cet exercice, c’est l’expression ‘‘règlement de compte politique’’. Et quand cela s’y mêle, adieu pour une bonne frange de la population, la technicité des auditeurs et la véracité de leurs résultats.
Mais, au-delà d’un amalgame sciemment cultivé et entretenu, le cas de l’Assemblée nationale où facilement d’aucuns peuvent confondre gestion autonome de l’institution et obligation de compte rendu aiguise la curiosité. Evidemment, s’il est inconcevable que l’argent du contribuable soit anarchiquement dépensé au sein de l’appareil d’Etat, il est encore plus inadmissible que le parlement en charge, entre autres du contrôle de l’action gouvernementale, s’illustre dans la mauvaise gouvernance et se refuse parfois à une gestion rationnelle de nos maigres ressources. A ce sujet, des voix autorisées indiquent que d’exercice budgétaire en exercice budgétaire, c’est avec plaisir que les députés en charge de la gestion économique du parlement reconduisent une panoplie d’équipements informatiques et bureautiques. Comprenons donc que l’argent du contribuable n’est bon que pour être dépensé et que passer le maximum de marché revient à s’en mettre plein les poches.
En somme, le règne du gaspillage et de l’égoïsme qui a cours dans les gestions de nos institutions et sociétés d’Etat exige que la peur du gendarme soit vraiment entretenue afin que la sagesse ne soit jamais loin. Par ailleurs, dès que l’aspect pédagogique des audits sera mis en relief, il est évident qu’au lieu d’être des indésirables et des menaces, ce soit les gestionnaires à tous les niveaux qui solliciteront leur présence dans leur structure. Alors, c’est une bonne nouvelle que ça soit des députés qui fassent des pieds et des mains pour que la gestion de la précédente législature soit auditée. Et sans doute, ce sera la bonne porte entrouverte pour enraciner les audits correctifs avant d’être répressifs. Espérons tout simplement.

.

Related posts

Bénin/Chronique:Exister grâce au Ravip !

Dios

Allemagne: controverse après l’interdiction d’accès au G20 pour 32 journalistes

adminbti

Bénin/Chroniques: Un plus pour l’état civil !

adminbti

Leave a Comment