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Bénin / Chronique : La foule : une gestion à désirer !

Bénin / Chronique :

La foule : une gestion à désirer !

Angelo Dossoumou

Un mort par asphyxie, des blessés graves, des supporters qui garderont à jamais sur leur corps, des marques de coups reçus des forces de l’ordre et des dégâts matériels. Ce triste bilan, l’euphorie de la victoire des Ecureuils pour la Can 2019 en Egypte a réussi à l’éclipser pendant au moins 24 heures. Mais, quand les cris de joie et les rires des heureux cessent, les pleurs et les lamentations des éplorés sont plus audibles. Alors, avant tout, paix à l’âme de l’inconditionnel du onze national passé de vie à trépas à vouloir à tout prix nourrir sa passion et condoléances à ses proches. Maintenant, en ce qui concerne les coulisses d’une organisation marquée par un drame, il est tout à fait normal, au-delà des sanctions au plan hiérarchique, de crever l’abcès d’un amateurisme sécuritaire qui n’a fait que trop durer.
En premier lieu, pour un match décrété gratuit et vu l’enjeu, le moindre à faire par l’organisation, c’était de prendre, en amont, toutes les dispositions pour contenir le débordement de la foule. Visiblement, entre banalisation des risques et manque d’anticipation sur une situation pourtant prévisible, le péché d’un déploiement réduit de policiers au Stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou de Kouhounou a été commis. Pis, avant l’arrivée et les injonctions du Dgpr, le minimum de professionnalisme requis pour discipliner la foule a carrément fait défaut. D’où, à l’occasion du match Bénin-Togo, de cruciaux problèmes de formation de nos forces de sécurité, de problèmes d’anticipation et de coordination des organisateurs ainsi que des limites d’une enceinte sportive qui ne fait plus l’affaire pour de pareilles occasions ont été notés.
Sur ce point, 35. 000 places pour le plus grand stade du Bénin et quand on sait que rien qu’à Cotonou, des supporters peuvent être évalués à des centaines de mille, cela donne à réfléchir à un investissement plus sécurisant pour la jeunesse. D’ailleurs, le rendez-vous de Kouhounou dimanche dernier a vu accourir de toutes les grandes villes du pays, des milliers de férus du cuir rond. Etant donné que ce ne sera pas la dernière phase éliminatoire à laquelle les Ecureuils participeront, autant, dès à présent, commencer à réfléchir à l’érection d’un stade plus grand et plus moderne. Pas forcément à Cotonou. Mais, pourvu qu’à l’instar de ceux de Kinshasa, de Yaoundé et du Caire, la capacité évite les bousculades et les bastonnades inutiles.
En ce qui concerne nos forces de sécurité qui ont démontré leur incapacité à gérer une foule pacifique, elles gagneraient désormais à comprendre que même si généralement une foule ne se raisonne pas, l’utilisation de la force contre elle, est un couteau à double tranchant. Par ailleurs, certains de nos policiers ont projeté une image négative d’eux, en privilégiant vivre pleinement la rencontre et des selfies avec les stars à la sécurité du public débordant. Dimanche dernier, j’ai beau écarquiller les yeux, ce sont les défaillances organisationnelles et sécuritaires qui étaient beaucoup plus visibles qu’un système qui met en symbiose les stadiers, les pompiers et les policiers pour non seulement dissuader mais aussi pallier les déconvenues. En définitive, pour une victoire entachée par des dégâts et des victimes, ne nous arrêtons pas aux sanctions. Mais, allons tout de suite aux causes pour les éliminer. Après tout, c’est le plus important.

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