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Bénin / Chronique : Le faux a la peau dure !

Bénin / Chronique :

Le faux a la peau dure !

Angelo Dossoumou

Marchands de la mort, ils n’ont que faire de nos cris de cœur. Malgré moult sensibilisations et une traque permanente, le faux, ils l’ont toujours dans la peau. Récidivistes, spécialistes en médicaments contrefaits, ils continuent d’entretenir leurs circuits et en ajoutent à la colère des dialysés, victimes de leur forfait et du dispositif sécuritaire. Au travers des interventions de la Douane, il a permis la saisie, entre le 4 et le 8 février 2019, de plus de 700 Kilogrammes de faux médicaments dans les départements du Borgou et de l’Alibori. Bien avant, sur le dos de ces tueurs silencieux et de leurs complices, les statistiques des personnes qui traînent des problèmes de reins avant de certainement, plus tôt que prévu, faire leur adieu aux leurs, avaient tellement grimpé qu’il était impossible de continuer à fermer les yeux devant un massacre qui ne dit pas son nom.
Ce faisant, pour conjuguer au passé, un trafic qui coûte environ 100.000 vies à l’Afrique par an, les opérations de répression se sont succédé. Dans un pays étiqueté comme la plaque tournante du commerce illicite des médicaments, la synergie Interpol-Structures concernées au Bénin, pour le round Pangea IX, a permis en février 2017 de freiner des élans. Mais hélas ! Un peu de répit et les réfractaires à l’ordre établi, ressurgissent pour nous rappeler que, surtout au pays de l’incivisme, il ne faut jamais faire confiance au bon sens de ceux pour qui l’argent est tout et la santé des populations n’est rien. Sinon, sauf vigilance de la douane, ça fait 700 kilogrammes de faux médicaments à leur servir dans le Borgou et l’Alibori. Et, j’imagine que ça fait autant de kilomètres de risques d’insuffisance rénale à courir.
Ainsi, après la guerre sans merci qui n’a pas, pour autant, épargné les pharmacies, la grande leçon à retenir de cette énième découverte de faux médicaments dans le septentrion est que la racine du mal est très profonde. Peut-être que de la naïveté et de la pauvreté de certaines couches de la société, ils profitent pour trouver des débouchés à leurs dangereux produits. Mais, garant de la sécurité de ses administrés sur tous les plans, l’Etat veille et les préserve du pire. Déjà, avant ces exploits, il faut retenir que des informations fiables ont été fournies à qui de droit. Résultat, ce sont des vies qui sont sauvées et des consciences soulagées.
D’ailleurs, même si elles tardent à comprendre l’importance d’une lutte et d’une collaboration pour mettre hors d’état de nuire les trafiquants de faux médicaments, les gouvernants n’ont que faire. Contre leur volonté de s’acheter à petit prix leur déchéance, il faut impérativement les sauver. Et, en principe, le défi à relever, c’est de faire en sorte que ce mérite ne soit pas exclusif au seul dispositif sécuritaire mais à l’ensemble de la société.
Au fond, sur ce chantier de la lutte contre les faux médicaments, aussi bien sur le plan des dispositions légales, des structures de contrôles, que du changement des mauvaises habitudes, le Bénin a fait d’énormes progrès. Tout ceci est à l’actif d’une gouvernance qui, pour l’intérêt général, ne s’embarrasse pas des frustrations. Il n’empêche que le diable est aux aguets et qu’à la moindre erreur, ce sera la marche à reculons. Et donc, si nous tenons à préserver les acquis, il nous faut redoubler de vigilance et c’est une affaire de tous.

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