Bénin/Chronique LEI, mission exhaustive !

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Bénin/Chronique

LEI, mission exhaustive !

 

Angelo DOSSOUMOU

 

C’est peut être une vue de l’esprit ou des élucubrations de politiciens. Mais, à ce que j’entends et j’observe, pour gagner une consultation électorale, tout part de la maîtrise de la liste. En amont, selon les plus avertis, même sans vouloir entrer dans les cas de fraude c’est, un baromètre utile pour ajuster les efforts de campagne. Justement, ce n’est pas pour rien qu’à la veille des grands rendez-vous, son contrôle déchaine les passions. Les contemporains se rappellent bien qu’aux forceps, la Lépi a été imposée pour la présidentielle de 2011. Alors, de cette Lépi qui aura vécu à la LEI, notre curiosité nous amène à voir ce qu’elle renferme.

A priori, ce sera une liste plus aboutie que son aînée. Du moins, d’après le nouveau code électoral en son article 120, la Liste électorale informatisée est une liste numérique unique, exhaustive et nationale avec photo de tous les citoyens en âge de voter pour toutes les élections organisées dans une même année. Aussi, est-elle extraite du registre national, est le résultat d’opérations de recensement administratif à vocation d’identification entendez Ravip et du traitement automatisé d’informations nominative, personnelles et biométrique obtenues sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger dans les ambassades et consulats de la République du Bénin. Bref, le filet jeté par le législateur afin que le maximum de Béninois en âge de voter soit pris en compte dans la LEI est si large, qu’il n’y a aucune raison qu’elle ne soit exhaustive et consensuelle. Mais, nous sommes en politique et particulièrement sur ce terrain, attention à ne pas oublier que toute médaille a son revers.

Seulement, à bien considérer les choses, de la Lépi à la LEI il y a incontestablement, une avancée doublée d’une bonne dose de transparence. Visiblement conscient que c’est un  outil très sensible, le législateur a bien fait  d’insister dans l’article 126 du Code électoral qu’elle soit publiée et affichée pendant quinze jours puis remise à la Cena au plus tard 60 jours avant la date du scrutin. Notons aussi qu’avant cette phase, les électeurs auront droit à l’affichage dans les centres de vote de la Liste électorale informatisée provisoire extraite du registre national. Ceci, et d’après l’article 124 du Code électoral, 120 jours avant les élections.

En somme, dans le processus qui conduit à la LEI, tout concourt à permettre à tous les citoyens d’avoir le temps de faire des observations, de corriger ce qui peut l’être et d’éviter qu’elle soit prise en otage. Cependant, en dépit de toutes ces dispositions, ne soyons pas surpris que des acteurs politiques en mal de popularité s’engouffrent dans la porte de la suspicion et contestent tout, jusque même à la LEI. En clair, avant d’attester qu’il n’y aura plus de contestation avec cette bactérie de décisions en vue d’une liste exhaustive, le mieux serait d’attendre ses premiers pas. Car, plus argile que l’acteur politique pour se faufiler entre les lois ou les interpréter à son seul profit, il n’y en a pas. Alors, ne regardons pas uniquement à la beauté des textes, mais aussi à la sincérité des acteurs politiques et en ce qui les concerne, inutile de rappeler qu’ils ont plus d’un tour dans leur sac. Et donc, vigilance.

A ce sujet, il est impérieux de penser à la vulgarisation des nouvelles lois électorales. De la base au sommet, tous les citoyens doivent en être imprégnés. Autrement, ce serait une autre brèche aux incompréhensions et aux appréhensions. Enfin, quand on sait que l’unanimité autour de la liste électorale est capitale, il n’y a aucune raison que le professionnalisme ne soit pas de mise. Surtout pas.

 

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