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Bénin/Chronique : Ouvrages piège à hommes !

Bénin/Chronique :

Ouvrages piège à hommes !

Angelo DOSSOUMOU

 

Des pluies diluviennes à Kandi puis ces dernières heures à Malanville, et le Bénin est  subitement coupé du Niger. Ponts effondrés, passages bloqués, activités paralysées et des manques à gagner qui s’enchaînent. Triste bilan de nos routes qui mènent au développement. Et si, sans que personne ne crie au danger, nos voies deviennent de véritables pièges à hommes, c’est forcément qu’il y a anguille sous roche. Déjà deux ponts qui, en l’espace d’un mois et dans le même département, cèdent à la pression de l’eau, cela mérite, un instant, qu’on s’attarde sur les raisons de ces dégâts. Inondations exceptionnelles cette année ou pas, il faut passer ces ouvrages lourds qui s’écroulent comme un château de carte au scanner du pourquoi.

Tout de suite, de Kandi à Malanville en passant par le pont sur le fleuve Zou, je suis presque sûr, qu’entre la vétusté des infrastructures ou leur incapacité à résoudre l’équation « résistance aux flux d’eau de cette année », il y a une hypothèse qui l’emporte. Et au-delà des ponts qui ne tiennent pas la route, certains de nos axes principaux ressemblent carrément à des champs de patates. Simple exemple, entre Kilibo et Parakou, la moindre erreur du chauffeur peut être fatale. Et soyez-en sûrs, ce n’est pas un plaisir de rouler sur des routes nationales ou inter Etats qui n’en valent vraiment pas la peine.

Sans être technicien des TP, nos ponts qui s’écroulent n’ont, pendant leur érection, sans doute pas tenu compte de la puissance des fleuves Zou, Ouémé et surtout Niger. Et, en raison des flux d’eau qu’ils drainent d’année en année, aujourd’hui, il en faut plus que la solidité que présentent ces infrastructures de liaison. Toutefois, pour amoindrir le choc des eaux, il était impérieux de consolider à temps nos ponts et de construire des digues.  Aussi, devons-nous rappeler la nécessité d’avoir dans ces zones à risques, assez de rigoles et de barrages pour canaliser et orienter l’eau.

Mais avant, les inspections et les réfections doivent être en adéquation avec les prévisions climatiques. Visiblement, après Kandi et en dépit des alertes « Orange et Rouge », à Malanville, le pont n’a pu être sauvé. A  ce rythme, cette saison très pluvieuse est bien partie pour laisser derrière elle, un passif inquiétant. En somme, pour ce qui est de l’état de nos axes routiers, ils sont loin des ambitions de nos dirigeants de nous conduire à bon port. Et quand les pourcentages autour des passations de marchés s’en mêlent, il y a de quoi que la qualité des ouvrages en souffre et que nos routes deviennent, à la fin, des tombeaux à ciel ouvert.

Face à tout ceci, il n’y a qu’une seule prière, que les sous collectés aux différents postes de Péages servent effectivement à annihiler  les dangers qui se dressent au-devant des usagers de la route. Par ailleurs, que le sens de l’anticipation des techniciens des TP serve enfin à quelque chose. Autrement, cette saison, après Kandi et Malanville,  la liste des ponts qui disparaissent sous les eaux risque d’être longue. Et pour ça, le gouvernement a intérêt à parer au plus pressé.

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