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Bénin /  Chronique : Précarité à corriger !

Bénin /  Chronique :

Précarité à corriger !

Angelo Dossoumou

Un emploi convenable et l’assurance de le conserver jusqu’à la retraite. Actuellement, et spécifiquement dans le secteur privé au Bénin, c’est ce qu’il y a de plus difficile à trouver. Mal en point et dans l’impossibilité de faire face à certaines charges, les entreprises, même celles financières, pour continuer d’exister, sont obligées d’opérer des choix forts. Alors, que dans son traditionnel message du 1er Août, le chef de l’Etat fasse de l’emploi sa préoccupation ne peut que retenir l’attention d’une jeunesse perplexe. Et pour cause, sans un secteur privé viable, la grande masse de chômeurs et de compétences sur le marché ne pourrait jamais être absorbée. C’est donc à juste titre que la décision du gouvernement d’instituer un Programme spécial d’insertion dans l’emploi intéresse plus d’un.
Déjà, pour ce qu’on en sait, chaque année, 2000 jeunes diplômés à placer dans des entreprises privées ou publiques, seront recrutés à la charge de l’Etat sur une période de deux ans. Ceci, avec l’espoir qu’à terme, ils sauront se rendre utiles et efficaces pour se faire recruter ou voler de leurs propres ailes. J’imagine, tout de suite, que c’est une autre façon de dynamiser l’Anpe. Sinon, mieux que l’insertion et des possibilités d’employabilité à l’issue de la période d’essai, le contexte actuel nous oblige à sérieusement réfléchir sur les mécanismes à développer afin que les raisons d’exister des travailleurs ne soient pas en perpétuel danger.
Evidemment, avant qu’on ne parle d’emploi durable et à l’abri de secousses conjoncturelles, il faut d’abord travailler à élaborer un environnement favorable à l’enracinement et au foisonnement des d’entreprises notamment celles privées. Autrement, la précarité nous dictera toujours sa loi. D’ailleurs, parlant d’entreprenariat, de plus en plus, et quelle que soit la filière, il faut vraiment avoir de l’audace pour se risquer à investir. Et pour ceux qui y sont déjà de plain-pied, entre la morosité économique et les chiffres d’affaires en chute libre, c’est tout simplement la survie des entreprises qui se joue.
Partant de ce fait, à mon avis, c’est bien de les soulager, pour un laps de temps, avec des diplômés stagiaires mais ce serait largement mieux d’œuvrer à ce que la consommation de leurs services et produits connaisse un pic et leur permette de faire durablement face à leurs charges prioritairement celles relatives à la ressource humaine. En réalité, un emploi constamment menacé est synonyme du refus des institutions financières de faire des prêts. Du coup, l’employé est dans l’impossibilité de dépenser même pour ses projets bancables. Pour faire court, la solution à la précarité de l’emploi, c’est avant tout un secteur privé en bonne santé à tel point qu’il fera des émules et que les Banques n’auront aucun mal à appuyer des initiatives. Sinon, de l’Anpe au Programme spécial à l’endroit de 2000 diplômés chaque année, je parie qu’on aurait résolu à moitié, le problème des compétences en sursis ou à la quête d’un premier emploi.
En définitive, au lieu d’une pommade pour soulager la jeunesse d’une précarité qui a le malin plaisir de la ronger indéfiniment, il urge de passer au bloc pour l’opérer. En plus clair, la bonne équation à poser dans le contexte actuel, c’est plus d’emplois est égale à moins d’entreprises en difficulté. Autrement, le défi à relever pour la réduction sensible du taux de chômage est celui d’un soutien indispensable et concret à l’entrepreneuriat. De toute façon, c’est sur ce terrain qu’on attend la Rupture.

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