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Bénin / Chronique : Priorité aux suppléants !

Bénin / Chronique :

Priorité aux suppléants !

Angelo Dossoumou

Une méprise et un culot incroyable. De nos représentants à l’Assemblée nationale, d’une huitième législature toujours contestée par l’opposition, si l’information divulguée par le syndicat du personnel administratif venait à être confirmée, je n’ose pas dire que nos députés auraient franchi le Rubicon. De toute façon, il n’y a jamais de fumée sans feu. De plus, l’examen du projet de budget de l’Assemblée nationale, gestion 2020 est à peine lancé et donc, loin d’une blague de mauvais goût, il y a quelque part, des députés avisés qui concoctaient des indemnités pour leurs suppléants. N’est-ce pas génial pour une législature attendue au carrefour de la pertinence ? Peut-être que je délire. Mais, cette trouvaille dans l’environnement politico-social actuel est tellement saugrenue que j’ai encore du mal à l’avaler.
Fort heureusement, le personnel administratif de l’Assemblée nationale, lésé de n’avoir pas gain de cause quant à ses revendications nous met la puce à l’oreille. Sans quoi, c’est le contribuable toujours à la quête de plus d’hôpitaux, d’écoles et des routes qui serait, une fois de plus, mis devant le fait accompli. Dans ces conditions, osons dire que la réduction du train de vie de l’Etat n’est bonne que pour les discours. Plus grave, nous sommes manifestement là devant un cas patent de préférence d’engraissage d’une race de privilégiés au détriment des plus démunis. Alors, ballon d’essai ou pas, disons tout simplement non à une mascarade qui doit s’en arrêter là.
Franchement, nos députés de la huitième législature n’ont aucun intérêt à innover dans le mauvais sens. Du moins, sur des terrains où l’éthique et le patriotisme prennent le pas sur des considérations pécuniaires, le peuple meurtri par une démocratie ruineuse les attend et ceci, de pieds fermes. En un mot, et s’ils l’ont oublié, prenons la peine de leur rappeler qu’ils sont à l’hémicycle pour servir la veuve, le pauvre puis l’orphelin et non se servir. D’ailleurs, puisqu’il est question d’une éventuelle possibilité de rémunération de leurs suppléants, posons-nous alors la question de leur utilité ou de leur impact sur le déroulement des plénières. Toute analyse faite, au mieux ils sont des conseils à leurs titulaires et, à mon avis, ça ne regarde que le tandem.
Au finish, cette proposition qui serait encore au chaud dans les coulisses de la finalisation du projet du budget de l’Assemblée nationale, exercice 2020, revient à une tentative d’octroyer des droits à des passifs. Pourtant, mieux que quiconque, nos députés savent que pour mériter des avantages, il faut travailler. Pour toutes ces raisons, il est clair, qu’à un moment ou à un autre, le bon sens allait prévaloir. Seulement, il y a de quoi s’inquiéter que, dans le Bénin d’aujourd’hui, cette idée d’indemnité aux suppléants ait pu traverser l’esprit à des députés. Maintenant, à eux de nous rassurer qu’à l’avenir, ils ne se laisseraient pas prendre au piège de l’impudence. Car, le Bénin n’est pas un gâteau à partager.
Somme toute, autant la Rupture est valable pour les honnêtes citoyens, autant elle doit l’être pour la classe politique aux affaires. En attendant plus de clarification des instances de la 8ème législature et de la Commission des finances en l’occurrence, faisons confiance au bon sens de tout un chacun. Pour ma part, en ce qui concerne la bonne gouvernance des maigres ressources de l’Etat, les priorités sont évidentes. Alors, malheur à ceux qui tardent à comprendre que les temps doivent changer.

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