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Bénin / Chronique : Rappel : « Porté en triomphe ! »

Bénin / Chronique :

Rappel : « Porté en triomphe ! »

Angelo Dossoumou

Trois ans de Rupture. Juste deux ans encore et l’ultime instant d’évaluer un réformateur confortablement installé à la Marina sera là. Plus proche de la fin que du début de son mandat, ses compatriotes n’ont pas oublié son rêve d’être porté en triomphe au soir de ses cinq ans de gouvernance. Comme si c’était hier, des propos servis il y a trois ans aux confrères du journal « Le Monde » résonnent encore dans les oreilles. Plutôt direct et homme sans détour, Patrice Talon l’avait dit sans sourciller : « j’ai un certain génie, je voudrais désormais que ce génie ne soit pas juste le mien, mais qu’il serve mon pays…On m’a connu comme roi du coton. Aujourd’hui, je veux devenir celui qui a réussi à transformer son pays, politiquement, administrativement et économiquement ».
Trois ans après l’ère du Nouveau départ, l’ambition présidentielle est certes confrontée aux frustrations et aux dénonciations mais, contre vents et marées, elle prend corps. Déjà, sur le plan politique, la réforme du système partisan rime désormais avec sérieux et clarté. Et aussi douloureuse qu’elle soit pour les défenseurs du multipartisme intégral, elle aura toujours, au-delà de Talon, l’avantage d’un héritage plus idéologique et plus unitaire. Maintenant, en ce qui concerne, l’administration publique, qu’on le veuille ou non, le travail a pris le pas sur les grèves répétitives et parfois téléguidées. Avec la Rupture, le luxe du fonctionnariat s’estompe et la rigueur fait son effet. Enfin, sur le plan économique, les agrégats régulièrement évalués par les institutions internationales ne nous disent pas autre chose que tout va bien et que le rêveur dans les colonnes du journal « Le Monde » mérite bien d’être porté en triomphe.
Seulement, les ambitions de Patrice Talon aussi nobles qu’elles soient ne sont que ses ambitions. D’ailleurs, ne dit-on pas que nul n’est prophète chez soi et que ce n’est pas celui qui sème qui récolte forcément ? Alors, c’est une demi-surprise que même en étant en phase avec ses promesses électorales, l’actuel locataire de la Marina essuie les critiques les plus acerbes. Sans doute, pour lui, décrocher le mérite d’« être porté en triomphe », c’est de réussir à changer un certain nombre de paradigmes dans la perspective d’un Bénin ‘‘révélé’’. Mais voilà, chez la plupart de ses compatriotes, la compréhension était tout autre.
De fait, tout le monde veut aller au paradis, mais personne ne veut mourir. A première vue, trois jours pour ne pas dire trois ans dans le tombeau de nos rancœurs et une croix indélébile est déjà tracée sur la résurrection et la montée au ciel. A vrai dire, la messe du 28 aurait été tout autre qu’il aurait été très difficile d’attendre que le miracle du rêveur du Journal « Le Monde » se produise. Mais, puisque Talon qui a horreur de la politique-spectacle est un veinard, bientôt, il n’aura aucune raison de se cacher derrière quoi que ce soit. Du moins, pour le redressement du pays, la voie royale pour qu’il déploie toute l’énergie nécessaire lui est ouverte. Et là, au carrefour du 6 avril 2021, les Béninois pourront véritablement certifier si les ambitions du chantre du Nouveau départ étaient vraiment les bonnes. Autrement, le compétiteur-né passerait à côté d’être porté en triomphe.
Evidemment, plus la ligne d’arrivée est proche, plus le coureur derrière les éloges de ses compatriotes doit accélérer les pas. Trois ans, à mon avis, c’est vite passé. Deux ans, pour mériter d’être porté en triomphe, au vu des résultats non seulement sur les plans politique, administratif et économique mais surtout social, c’est un défi renouvelé. N’est-ce pas qu’il est dit qu’impossible n’est pas Talon ? A lui de nous le prouver.

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