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Bénin / Chronique : Sexgate : les masques tombent !

Bénin / Chronique :

Sexgate : les masques tombent !

Angelo Dossoumou

Pris la main dans le sac. Ils devront servir de cobaye pour qu’enfin, nos femmes, nos sœurs et nos filles ne soient plus sur nos lieux de savoir et dans les services, des objets de loisir des pervers mais des êtres respectables et évaluables au même titre que ceux de la gent masculine. Si le pot-au-rose dernièrement découvert à l’Uac où le phénomène de notes sexuellement transmissibles, de chantage affectif ou de la corruption la plus immorale qui puisse exister fait actuellement jaser avec dans les mailles de la justice des enseignants et des étudiants, ce serait une myopie de croire que ce n’est qu’un cas isolé.
Car, plus profonde est cette plaie qui, depuis des lustres, gangrène la cité. Spécifiquement ancrés dans le système scolaire et universitaire, elle emporte dans l’abîme l’excellence et la dignité humaine. Imaginons ces brillantes réussites et ces mémoires validés sous le couvert du droit de cuissage et il est facile de conclure que la débauche, la médiocrité et le sabotage des valeurs ont longtemps régné là où ils n’avaient pas droit de cité. Paradoxalement, le cycle infernal se prolonge dans les administrations où également, certaines promotions n’ont rien à voir avec le mérite mais avec des faveurs bien connues. Là encore, si, a priori, on peut dire que chacun est responsable de ses actes, il se fait que parfois, pour des détails, la corruption sexuelle entre en jeu et ce n’est pas exclu que ça soit dans les deux sens. Finalement, ce sexgate déclenché du côté de l’Uac a le mérite de faire tomber les masques et d’amener les autorités étatiques à tirer les leçons qui s’imposent.
Déjà, avec un phénomène qui perdure et qui résiste aux mises en garde, aux arrêtés et mêmes aux sanctions infligées à de précédents pêcheurs en eau trouble, il est clair qu’il est impérieux de placer la barre très haut. Ainsi, à l’instar de certaines grandes démocraties, nos textes de loi doivent non seulement davantage protéger les femmes mais aussi, il peut se constater qu’il manque fondamentalement à certains hommes d’être de vrais gentlemen dans toutes les situations. Cette culture ne s’instaure pas du jour au lendemain mais, il est possible qu’avec la répression et des mécanismes appropriés, la donne change lentement mais sûrement.
Toutefois, n’oublions pas qu’il y a parmi ces femmes pour lesquelles on s’apitoie généralement, des championnes de la facilité qui préfèrent que les choses restent en l’état. C’est dire que c’est un combat de longue haleine et que demain n’est pas la veille de la fin totale du monnayage du sexe contre des positions et des notes. Cependant, avec un engagement politique plus accru à tous les niveaux et une justice plus âpre à se saisir et s’autosaisir, ce serait surprenant que les lignes ne bougent pas. Evidemment, l’occasion est belle pour nos représentants à l’Assemblée nationale notamment les rares femmes qui y ont trouvé place de sérieusement se pencher sur les voies et moyens pour qu’on en finisse avec cette honte qui s’internationalise. Quant aux membres de l’Exécutif, ce n’est pas la peine de leur rappeler que la Rupture doit aussi passer par là. Sinon, après le sexgate à l’Uac, le doigt accusateur des femmes victimes ne se pointera pas uniquement vers leurs bourreaux mais aussi, vers tous les complices par inaction. Alors, à eux de s’enfoncer dans la brèche ouverte et de nous nettoyer l’écurie d’Augias. Il était temps !

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