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Bénin / Chronique : Un pas vers l’identité !

Bénin / Chronique :

Un pas vers l’identité !

Angelo Dossoumou

Consommons local ! Ne le disons plus mais faisons-le. Cette invite vient non seulement du sommet de l’Etat mais désormais, elle s’impose aussi à travers les nouvelles mesures fiscales en faveur des entreprises et des productions locales. Pêle-mêle, ceux qui profiteront le plus des assouplissements et des injonctions traduites dans la loi de finances 2019 sont essentiellement des secteurs de l’agriculture et de l’artisanat. Chers promoteurs intéressés, allons tout droit à ce qui vous concerne pour vous annoncer que dorénavant, il est décidé qu’il y aurait au moins 60% du local dans nos mobiliers publics. Ça, c’est ce qu’on appelle une avancée notable. Je ne vous le fais pas dire.
Même traitement de faveur pour nos agriculteurs, tellement chouchoutés par la Rupture, qu’il est expressément écrit, au titre des mesures fiscales, qu’ils ont impérativement droit à 80% de leurs produits dans les cantines. A mon avis, les contours du ‘‘Consommons local’’, longtemps tambourinés par les précédents pouvoirs publics, n’ont jamais été autant mieux dessinés. Pour l’instant, en ce qui concerne ces deux axes majeurs qui n’ont pas laissé indifférent le chantre du Nouveau départ, il est à souligner que la tendance est largement tournée vers l’importation. Un tour sur nos lieux de travail ou dans les cantines et le constat est flagrant. A la vérité, depuis toujours, des intentions aux démarches en passant par des résolutions, nous n’avons vraiment pas encore réussi à passer le cap de l’effectivité. Pourtant, c’est ce qui importe.
C’est d’ailleurs pourquoi nos regards sont résolument tournés vers ce qu’il adviendra de ces mesures dont la pertinence n’est plus à démontrer. D’abord, 60% du local pour les mobiliers publics, ce sont les artisans nationaux qui doivent se frotter les mains. Mais, pour un challenge qui leur est lancé, il ne dépendra que d’eux seuls, s’ils sont effectivement à la hauteur de la production en quantité et en qualité. Après coup, nos promoteurs mobiliers pourront se serrer les coudes et, au cas où les promesses fiscales souffriraient d’une application à la lettre, ce ne serait pas exagéré qu’ils montent au créneau et défendent un acquis écrit noir sur blanc. Sinon, par le passé, des discours aux actes, le fossé est resté très grand.
Ensuite, pour ce qui est des 80% des produits locaux à consommer dans nos cantines, cette résolution ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. Au-delà de la frontière des écoles, elle doit aller atterrir dans les cocktails servis au cours des différents séminaires et autres conférences organisés par les institutions de la République. Et si le maire de la troisième ville à statut particulier n’a pas attendu une volonté politique exprimée du sommet de l’Etat avant de s’engager sur cette voie, c’est forcément qu’il y a un intérêt à inciter la production interne et à encourager le ‘‘Consommons local’’. Alors, saluons déjà ce pas capital et mettons tout en œuvre pour l’élargir le mieux que nous pouvons.
En définitive, ce sont tous ces ingrédients réunis qui font et feront de 2019, une année sociale. Maintenant, quand il y a des opportunités, il faut les saisir. Au cas contraire, n’attendons pas que les mannes nous tombent du ciel et n’accusons pas une politique qui nous ouvre des boulevards. Même dans la Bible, il est écrit que tu mangeras à la sueur de ton front. Finalement, quand des potions magiques qui boostent l’économie nationale nous sont royalement offertes, on en fait une bonne exploitation. Et penser autre chose est tout à fait condamnable.

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