Actualités

Bénin/ChroniqueAu-delà de l’exploit !

Bénin/Chronique

Au-delà de l’exploit !

Angelo Dossoumou

 

Ouf ! De l’enfer, les Ecureuils du Bénin sont revenus. Au match de la peur face aux Lions indomptables du Cameroun, ils ont tremblé mais n’ont pas cédé. Pas brillants, pas terribles durant les 90 minutes de jeu sur le rectangle vert d’Ismaïlia… Cependant, nos Ecureuils ont été assez solidaires et ont fait le dos rond pour aller chercher ce qu’il leur faut pour sortir de la barrière des poules et entrer dans l’histoire du football béninois et africain. Certes, ce n’est pas par la grande porte. Mais, peu importe. Pour l’instant, savourons et disons à nos braves ambassadeurs : « champagne les garçons ! ». Maintenant, passé le temps de la célébration et de la gaieté, revenons sur terre pour le décryptage nécessaire avant d’attaquer ce vendredi, les Lions de l’Atlas du Maroc.

Sérieusement, avant tout, tirons un coup de chapeau à l’entraîneur Michel Dussuyer pour le travail abattu malgré un effectif pauvre en joueurs de talent. Sinon, à mon avis, les rares satisfactions à cette Can 2019 côté béninois que sont Michaël Poté, Khaled Adénon et Saturnin Allagbé ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Mais, à la vérité, à part la prestation contre la Guinée-Bissau, il est à souligner qu’entre le Bénin et ses adversaires de poule que sont le Cameroun et le Ghana, l’écart de niveau est encore remarquable. Alors, même si la providence et l’abnégation des Ecureuils ont permis de les titiller et de leur arracher de précieux points, cela démontre qu’il y a encore du travail devant nous.

Dans l’immédiat, l’obstacle à surmonter après notre historique qualification en 1/8 de finale d’une Can, ce sont les Lions de l’Atlas du Maroc d’Hervé Renard qui pratiquent un football total et l’un des meilleurs du continent. Sans vouloir sous-estimer nos champions qui en ont vu d’autres, il est certain que s’ils n’élèvent pas leur niveau de jeu avant la confrontation de vendredi, le rêve d’imiter le Portugal à l’Euro 2016 ne sera que chimère. Il n’empêche que pour l’édification d’un football qui surprend davantage et qui vise les sommets, les balises sont en train d’être posées. Cela suppose que sur le plan footballistique, le Bénin est sur la bonne voie et si la continuité est assurée au niveau des réformes d’appui et de l’encadrement technique, à court et moyen termes, notre retard sur les plus grands sera comblé et nos victoires seront plus belles.

En attendant, profitons pleinement du fruit des efforts communs et d’une étoile qui porte le Bénin au firmament du football continental. Seulement, n’oublions jamais qu’il n’y a qu’un seul secret pour qu’elle brille plus ardemment : c’est le travail, le professionnalisme et la discipline. D’ailleurs, l’exemple le plus vivant à cette Can, ce sont les Barea de Madagascar qui, à la surprise générale, ont damé le pion au Super Eagles du Nigeria et au Syli national de la Guinée. Alors, très vite, que la concentration revienne dans le groupe Ecureuil et qu’avec nos atouts et nos qualités, nous trouvions l’alchimie pour soulever des montagnes notamment celle des Lions de l’Atlas qui se dresse sur notre route.

A priori, jusqu’ici, on peut supposer que l’enjeu a tué le jeu. Mais, vendredi prochain, il y a un complexe d’infériorité à laisser au vestiaire. Car, quoiqu’on dise, le Bénin a déjà fait sa Can et le pire qui puisse nous arriver, ce ne sont que des bonus. En effet, l’appétit vient en mangeant et la soif s’en va en buvant. Et donc, chers Ecureuils, santé et au plaisir d’une première victoire.

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top