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Bénin/Chronique:Pourvu que ça dure !

Bénin/Chronique:

Pourvu que ça dure !

Angelo Dossoumou

 

Accalmie à Savè et Tchaourou, dispositif sécuritaire démantelé du côté du domicile de l’ancien président Boni Yayi à Cadjèhoun qui a même pu s’envoler pour ses soins. Depuis lors, nous revoilà en train de savourer la quiétude des bons vieux jours retrouvée. ‘‘Après la pluie, le beau temps’’ dit-on. Il n’empêche que les nuages ne sont jamais loin et peuvent, à tout moment, se reformer pour d’autres déluges. D’ailleurs, pire que les événements du 28 avril puis des 1er et 2 mai derniers, personne ne l’aurait imaginé. Et même si c’était le cas, pas en l’espace de quelques jours où le Bénin a carrément eu droit  à des affrontements violents qui ont opposé les forces de sécurité et de défense aux chasseurs et éléments incontrôlés.

C’est dire que pour diverses raisons, la tension post-électorale n’était toujours pas près de retomber. Sans doute, méprise sociologique au détriment du juridisme et, la première étincelle ne pouvait que nous être fatale. D’ailleurs, c’est ce qui nous est arrivé. Mais, le dialogue, les interventions souterraines et singulièrement la médiation du président nigérian Muhammadu Buhari aidant, les esprits ont fini par se calmer. Alors, il ne restait que la sagesse des uns et des autres se manifeste. Ce qui est sûr, si aujourd’hui, nous en sommes arrivés à cette paix qui nous est si chère, ce ne sont pas les propos belliqueux encore moins les attaques de toutes sortes qui en sont la cause. Preuve que le règlement des conflits dans un Etat ne se fait pas sur un ring de boxe, qu’on n’obtient rien dans la violence et que le dialogue est l’arme la plus efficace pour faire plier les adversaires même les plus irréductibles.

Maintenant, on chante paix, sauf que rien n’est totalement acquis notamment quand les germes de la discorde ou de la division ne sont pas complètement anéantis. A propos, je vais surprendre plus d’un en me retournant vers l’Afrique du sud de Nelson Mandela où, c’est la vérité et la justice qui ont pu cimenter la réconciliation. Autrement, les victimes, malgré les appels au pardon du chef de l’Etat, en auront toujours gros sur le cœur. Cela suppose qu’il faut qu’elles sachent ce qui s’est effectivement passé au cours de ces jours si sombres et si lugubres. C’est primordial pour éviter un saupoudrage et des compromissions pour une paix qui, du coup, ne peut être que fragile.

En somme, et cette proposition m’a l’air très intéressante, le premier défi à relever pour durablement enraciner la paix est celui de la responsabilisation institutionnelle des têtes couronnées. D’ailleurs, elles-mêmes en sont demandeurs. Ensuite, s’il faut ainsi le dire, nous avons intérêt à tout mettre en œuvre pour tuer les pesanteurs sociologiques nuisibles à l’érection d’une Nation homogène, lever l’équivoque des règlements de compte sur fond de suspicions régionalistes et passer enfin au cap du développement socioéconomique. Sinon, chasser le naturel, il reviendra au galop et avec un visage plus hideux qu’auparavant.

En fin de compte, la paix, par nos agissements respectifs, nous devons tous la tenir solidement. Bien vrai qu’il y en a que cette accalmie n’arrange pas. Mais, comme nous pouvons le constater, quand les éléphants se battent, ce sont les herbes qui en pâtissent. Conséquence, dans toutes les circonstances, sachons raison gardée et ne nous laissons surtout pas emballer pas des protagonistes qui ont l’art de passer des invectives au sabrage de champagne sur notre dos. Malheureusement, il n’y aura toujours que les peureux et les lucides pour en témoigner et se rendre compte que la paix vaut tout mais rien ne vaut la paix…

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